Creative Dream, ou comment valoriser l’entrepreneuriat créatif

Publié par Bobby le 13 janvier 2017 dans Autour de Strime
Photo de Quino Al – https://unsplash.com/@quinoal

Je vais tenter de vous faire vivre ici, du mieux que je pourrai, l’émulation créative dans laquelle je vais baigner grâce à Startup Chile, et qui règne d’une manière plus générale à Valparaíso. Je ferai de mon mieux pour essayer de faire en sorte de vous montrer toute la diversité des énergies qu’il y a ici. Peut-être que parfois je serai un peu hors sujet par rapport au métier même de Strime en vous parlant d’expositions que je pourrais visiter par exemple, mais je trouve que çà fait partie de l’expérience de l’expatriation, et pour nous, de l’appréhension de la culture sud-américaine.

Aujourd’hui, je vais vous faire un petit debrief sur un événement de networking auquel j’ai participé hier soir. Il s’agissait d’une soirée nommée Creative Dream, organisée par la structure du même nom. Elle portait sur le thème de l’entrepreneuriat créatif. Un panel de trois intervenants était réunis :

  • Ricardo Catalán, bien connu des personnes évoluant à Housenovo, puisqu’il est le représentant local de Startup Chile, et qu’il pose lui aussi son ordinateur dans cet espace de coworking ;
  • Alex Paredes, qui gère une école spécialisée dans l’entrepreneuriat ;
  • Galo Vargas, un participant de la génération 16 de Startup Chile (souvenez-vous, Strime fait partie de la 17), et qui développe actuellement son service, Inkspired, dans la région de Valparaíso.

 

 

Ricardo est intervenu pour nous présenter son parcours dans les industries culturelles, avant de rejoindre l’organisme gouvernemental de financement des entreprises (CORFO), et notamment en décrivant son expérience de management d’artistes. Il a réellement introduit la conférence en nous expliquant que pour lui, les artistes sont intrinsèquement des entrepreneurs mais qui, pour beaucoup, ne se reconnaissent pas comme tels car ils refusent de se soumettre aux lois du marché.

La réflexion m’a paru intéressante car elle souligne assez bien les problématiques qui animent certaines communautés, je pense notamment aux designers, graphistes, vidéastes, etc… En effet, ces professions dites « créatives » sont un peu coincées entre une démarche artistique, de création, et le besoin de vendre ses services à des clients. Un certain nombre de personnes exerçant ces métiers vendent leur prestation pour pouvoir subvenir à leurs besoin et continuer à avoir une pratique artistique plus personnelle par ailleurs. Et à l’inverse, certains clients ont tendance à ne les voir « que » comme des artistes, dont le temps n’a pas de valeur, et exerçant leur métier par passion. En l’espèce, j’extrapole par rapport à la teneur des débats d’hier soir, mais je vous livre de manière un peu brute la réflexion qu’a générée chez moi la présentation de Ricardo. Je pense que ce décalage entre les aspirations des professionnels du secteur, et la perception qu’on leurs clients de leur métier est une constante de ces professions, et peut dans certains cas de figure être source d’incompréhensions ou de frustration.

Pour le coup, Ricardo travaillait lui, uniquement, avec des personnes se consacrant à leur art. Ces questions n’ont donc pas été soulevées, et il présentait plutôt la difficulté qu’il avait à leur faire prendre conscience que la démarche même de création artistique pouvait, par bien des aspects, s’apparenter à une démarche entrepreneuriale, dans le fait de ne dépendre de personne par exemple.

 

 

Alex a ensuite pris la parole pour nous parler d’une manière générale des industries créatives. Il a commencé par définir la différence existant entre les industries culturelles, et les industries créatives, les premières ayant un impact patrimonial (architecture, peinture, etc…), les secondes étant plus liées à l’évolution de nos sociétés (design, robotique, vidéo, journalisme, …). Sa présentation était très enrichissante dans la connaissance du marché des industries créatives au Chili et en Amérique du Sud. On y apprenait par exemple que ces industries représentent actuellement 2,2% du PIB chilien, contre 10% environ pour l’industrie de l’extraction minière, ou 10% pour ces mêmes industries créatives en Angleterre. Le Chili est donc un pays qui n’a pas encore investi dans ce secteur qui représente pour Alex l’avenir de l’Amérique du Sud. Pour autant, elle représente déjà environ 6% de l’emploi au Chili, plus de 50% de celui-ci étant constitué d’indépendants.

Il a par ailleurs assez bien définit ce qui caractérise une industrie. Cela consiste pour lui en l’existence de la chaîne de valeur suivante :

  1. créateur
  2. producteur
  3. diffuseur
  4. distributeur
  5. consommateur

Tous ces maillons sont présents au Chili et en Amérique du Sud dans les industries culturelles et créatives. Certains sont plus ou moins développés mais tous sont présents. Les échanges se sont alors ensuite portés sur la manière d’inciter à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans ces secteurs pour les aider à se développer.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les industries culturelles et créatives en Amérique du Sud, Alex a réalisé, avec d’autres, une étude disponible gratuitement sur le site de son école.

 

 

La conférence s’est terminée par un panel réunissant les trois invités pour un petit retour d’expérience de Galo sur son parcours d’entrepreneur au Chili, et une série de questions réponses, avant de finir, il va sans dire, autour d’une bonne bière.

Ce que j’en retiens, au-delà du contenu des interventions, c’est que l’audience était très variée (étudiants, artistes, guides touristiques, spécialiste du doublage de vidéo, gérante de café, etc…), que la notion d’entrepreneuriat était assez répandue dans la société chilienne, bien qu’ils reconnaissent que ce soit aussi beaucoup par nécessité, et que les gens sont très enclins à s’entre-aider. En tout cas, il y avait beaucoup de bienveillance dans le partage des expériences de chacun au moment des échanges.

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